Milan, connue sous le nom de Mediolanum à l’époque de l’Empire romain, était une ville d’une grande importance stratégique et culturelle. Sa position géographique et ses infrastructures de pointe en faisaient un centre vital pour le commerce, la politique et la vie quotidienne.
Dans cet article, nous explorerons divers aspects de la Milan romaine, de ses structures urbaines à ses voies de communication, de la vie quotidienne à sa fonction de capitale de l’Empire romain d’Occident.
Le Milan romain en un coup d’œil :
- Milan était une ville fortifiée, dotée d’imposantes murailles et de portes qui garantissaient sa sécurité.
- Le Forum de Milan était le cœur battant de la ville, entouré d’importants bâtiments publics.
- Les voies de communication, telles que les routes consulaires et le Pô, sont essentielles pour le commerce.
- Milan est devenue la capitale de l’Empire romain d’Occident en 286 après J.-C., sous le règne de l’empereur Maximien.
- Les infrastructures hydrauliques, telles que le canal de la Vetra et les aqueducs, étaient essentielles à la vie quotidienne.
Urbanisme et architecture du Milan romain
Les premiers murs de Mediolanum remontent à l’époque républicaine, probablement construits sous le principat d’Octave Auguste. Les portes de la ville, comme la Porta Romana et la Porta Ticinese, étaient essentielles pour la défense et le contrôle de l’accès à la ville. Le centre-ville actuel retrace la zone de l’ancien Mediolanum, dont il reste quelques vestiges.
Le forum de Mediolanum était le cœur battant de la vie publique et politique. Il abritait des bâtiments importants tels que la basilique, le théâtre et le cirque. Le forum était un lieu de rencontre et d’échange, où se déroulaient les principales activités commerciales et sociales.
Les habitations privées de Mediolanum, connues sous le nom de domus, étaient souvent richement décorées de mosaïques et de fresques. Certains vestiges de ces habitations ont été découverts dans l’actuelle Via Gorani et sur la Piazza Borromeo. Les domus étaient dotées de cours à portiques et de pièces chauffées, ce qui témoignait d’un niveau de confort et de luxe élevé pour l’époque.
Voies de communication et commerce
Les routes consulaires étaient essentielles pour relier Mediolanum au reste de l’Empire romain. Ces routes, comme la Via Varesina, permettaient un flux continu de marchandises et de personnes, facilitant ainsi le commerce et la diffusion des idées.
Les marchés de Mediolanum étaient très animés. On y trouvait des produits provenant de tous les coins de l’Empire. La ville était un point de rencontre pour les marchands et les artisans, ce qui en faisait un centre économique de grande importance.
La Vita Quotidiana à Mediolanum
À Mediolanum, la vie quotidienne était caractérisée par une grande variété de coutumes. Les gens s’habillaient de tuniques et de toges, et les femmes portaient souvent des bijoux élaborés. Les maisons étaient décorées de mosaïques et de fresques, reflétant le goût pour l’art et la beauté. La ville était un centre d’activités sociales, avec des bains publics et des marchés animés où l’on pouvait trouver des marchandises provenant de tout l’Empire romain.
La religion jouait un rôle fondamental dans la vie des habitants de Mediolanum. De nombreux temples étaient dédiés aux dieux romains et les cérémonies religieuses étaient des événements importants. La ville accueillait également des cultes orientaux, comme celui de Mithra, qui attirait de nombreux adeptes. Les fêtes religieuses étaient l’occasion d’une grande participation populaire, avec des processions et des sacrifices.
Les manifestations et les spectacles étaient des moments de divertissement très attendus. L’amphithéâtre de Mediolanum était le lieu principal des jeux de gladiateurs et des chasses aux animaux. Des courses de chars étaient organisées dans le cirque, attirant des foules enthousiastes. Les théâtres étaient également très populaires, offrant des représentations de comédies et de tragédies. Ces événements ne se contentaient pas de divertir, ils renforçaient également le sens de la communauté parmi les habitants.
Milan, capitale de l’Empire romain d’Occident
En 286, l’empereur Dioclétien décide de diviser l’Empire romain en deux parties, confiant la partie occidentale à Maximien. Milan, alors connue sous le nom de Mediolanum, est choisie comme capitale de l’Empire romain d’Occident. Cette décision marque le début d’une période de grande splendeur pour la ville, qui devient un centre politique et économique important.
Le choix de Mediolanum comme capitale s’inscrit dans le cadre de la réorganisation administrative de l’empire, connue sous le nom de tétrarchie. Dioclétien et Maximien, ainsi que leurs adjoints, gouvernent à partir de villes différentes afin de mieux contrôler les vastes territoires. Mediolanum, grâce à sa position stratégique et à ses infrastructures, devint le cœur battant de l’Occident romain.
Le palais impérial
Maximien embellit Mediolanum de nombreux monuments, dont le grand palais impérial situé sur l’actuelle Via Brisa. Ce complexe comprenait des résidences, des thermes privés et des lieux de culte. Le palais était directement relié au cirque romain, ce qui permettait à l’empereur d’y accéder sans sortir dans la rue. Ce quartier impérial représentait le centre du pouvoir et de la vie politique de la ville.
L’édit de Milan
En 313, l’empereur Constantin promulgue l’édit de Milan, un document fondamental qui garantit la liberté religieuse dans l’empire. Cet événement a marqué un moment crucial dans l’histoire de Mediolanum, consolidant son rôle de capitale et de centre d’innovation politique et sociale. Mediolanum conserva son statut de capitale jusqu’en 402, date à laquelle la cour impériale fut transférée à Ravenne pour des raisons stratégiques.
Ouvrages et infrastructures hydrauliques
À l’époque romaine, Milan a vu la construction de nombreux ouvrages hydrauliques. Parmi ceux-ci, le détournement des rivières était essentiel pour assurer un approvisionnement en eau adéquat à la ville. Les anciens Romains ont modifié le cours des rivières et des ruisseaux pour apporter de l’eau supplémentaire à Mediolanum, répondant ainsi aux besoins croissants de la population et améliorant considérablement la qualité de vie.
Le canal Vetra, créé par les anciens Romains, était une importante infrastructure hydraulique. Ce canal collectait l’eau de la rivière Olona et la canalisait vers le fossé des murs romains de Milan. Sa construction a permis une meilleure gestion des ressources hydriques de la ville, rendant possible l’irrigation et l’approvisionnement en eau pour divers usages publics et privés.
Contrairement à d’autres villes romaines, Mediolanum n’a pas eu besoin de grands aqueducs, car l’eau était abondante et facilement accessible grâce aux sources et aux cours d’eau environnants. Néanmoins, les thermes romains étaient un élément clé de la vie quotidienne, offrant non seulement un lieu de bien-être physique mais aussi de socialisation. Les aqueducs romains ne répondaient donc pas seulement à des besoins pratiques, mais contribuaient également à la cohésion sociale de la communauté.
Les batailles et les sièges du Milan romain
La bataille de Milan (260)
En 260 après J.-C., Milan fut le théâtre d’une importante bataille entre les forces romaines et les Alémaniques. L’importance militaire de Milan s’est considérablement accrue à l’époque impériale, devenant un avant-poste stratégique pour la défense de l’Empire. Les armées de Gallien parviennent à vaincre une horde d’Alémaniques qui ont franchi le limes germano-rhétique et menacent l’Italie.
Le siège de Milan (268)
Huit ans plus tard seulement, en 268 après J.-C., Milan fut assiégée par les mêmes tribus germaniques. La ville, grâce à ses fortifications et à la détermination de ses habitants, réussit à résister à l’attaque. Cet événement souligne une fois de plus l’importance stratégique de Milan dans la défense de l’Empire romain.
Le siège de Milan (402)
En 402, Milan fut à nouveau assiégée, cette fois par les Wisigoths dirigés par Alaric. Le siège met la ville à rude épreuve, mais les Wisigoths sont finalement contraints de battre en retraite. Cet épisode a marqué l’un des moments les plus critiques de l’histoire de Milan, soulignant son importance politique et militaire au sein de l’Empire romain d’Occident.
Le circuit Milano Romana
Allez dans la Via San Giovanni sul Muro : vous y trouverez des traces de l’ancien cercle de murailles et surtout de la Porta Vercellina (49 av. J.-C.), à l’angle de la Via Meravigli. Vous êtes à la frontière des murs romains. Remarque : le nom de « Porta Vercellina » a été utilisé par la suite pour trois autres portes qui donnaient accès à la ville dans les murs ultérieurs. Celle de la via San Giovanni sul Muro est la porte d’origine.
Rendez-vous ensuite dans la rue Brisa pour voir les quelques vestiges du palais de l’empereur Maximien (250-310 ap. J.-C.).
Maximien fit construire un ancien hippodrome dont on peut voir l’une des deux tours, transformée en clocher du couvent de San Maurizio Maggiore. Un mausolée octogonal, contenu dans un sarcophage devenu fontaine baptismale, se trouve également dans la cathédrale de Milan. Le long de la Via Brisa, nous rencontrons également les vestiges des thermes romains.
Continuez à marcher jusqu’à la Piazza Affari et dirigez-vous ensuite vers la Via San Vittore al Teatro : vous tomberez sur les vestiges d’un ancien théâtre, le plus ancien bâtiment public de la ville, datant du Ier siècle av.
Faites un saut à Via Morigi 2 : vous pourrez y admirer les vestiges d’un sol en mortier avec des inserts en marbre qui faisaient partie d’une domus.
Continuez à marcher : entre Via Circo et Via Vigna se trouvait le cirque construit à la fin du IIIe siècle après J.-C. par l’empereur Maximianus Herculeus et démoli en 1162 après J.-C. par Barberousse ou par les Milanais eux-mêmes. Il faut s’imaginer qu’il n’y a plus aucune trace du monument, seul le nom de la rue subsiste.
Rendez-vous maintenant au Largo Carrobbio pour admirer la Torre dei Musulmani, seul vestige de la Porta Ticinensis (porte tessinoise) datant du Ier siècle av. Vous pourrez également voir les traces de la dalle de fondation, que l’on peut visiter par le sous-sol, du corps octogonal de la chapelle de Sant’Aquilino, qui appartenait à un édifice public datant de la fin du Ier siècle apr.
Vous êtes arrivés dans la zone du Corso di Porta Ticinese où se trouvent les Colonne di San Lorenzo, une colonnade de marbre devant la façade de l’église de San Lorenzo : ces Colonne sont le monument romain le mieux conservé de Milan. C’est probablement aussi le plus célèbre.
Revenez ensuite vers le centre et rendez-vous via De Amicis 13 pour voir les vestiges de l’amphithéâtre, l’un des plus grands d’Italie du Nord, qui remonte au Ier siècle après J.-C., à l’extérieur des murs de la ville, dans la zone de Porta Ticinensis. L’amphithéâtre est ouvert du mardi au samedi de 9h30 à 16h30 : la visite est gratuite.
Continuez jusqu’à la Piazza San Sepolcro où se trouvait le Forum romain : là encore, il n’en reste rien, mais il est possible d’admirer une partie du pavement d’origine au sous-sol de la Pinacothèque Ambrosienne de Milan (entrée payante).
Avec un peu de chance, vous pouvez essayer de vous rendre au Largo Corsia dei Servi où se trouvent les vestiges des thermes romains : ils peuvent être visités en entrant dans la Chambre de commerce (pendant les heures d’ouverture et en demandant à l’entrée), grâce à une passerelle en verre spécialement conçue. Vous marcherez au-dessus des thermes et pourrez voir les vestiges d’en haut.
Si vous avez du temps à perdre et que vous voulez en savoir plus sur l’histoire romaine de Milan, rendez-vous au Corso Magenta 15, au musée archéologique. Dans le jardin se trouvent les vestiges du cirque et une tour transformée en clocher. Au rez-de-chaussée du musée, une section est consacrée à la période romaine.
Pendant que vous y êtes, remontez le temps et visitez l’église de San Maurizio al Monastero : elle n’est pas romaine, mais elle est magnifique.